Prendre soin de son lapin

Le lapin de compagnie a pris aujourd’hui une place importante dans nos foyers.

La médicalisation et l’amélioration de l’alimentation ont permis d’accroître la longévité de ce nouvel animal de compagnie qui atteint facilement jusqu’à 10 ans voire plus.

Prendre soin de son lapin est donc essentiel et il convient d’éviter certaines erreurs concernant notamment son alimentation ou son environnement.

 

 

L’habitat et l’environnement du lapin

  • Les lapins sont des animaux très sociables qui aiment vivre à plusieurs.

L’environnement d’un lapin peut facilement être enrichi par des jouets à grignoter, des cachettes pour la nourriture et petits parcours de santé pour favoriser son exercice physique ainsi que des brindilles ou des branchages provenant d’arbres fruitiers.

  • L’habitat du lapin doit lui permettre de s’étirer, de creuser, de courir et de se cacher.

   

Il convient donc de fournir au lapin assez d’espace pour se dépenser, s’épanouir et de développer toutes les facettes de son caractère et de le laisser en liberté, sous surveillance, le plus souvent possible.

Un petit enclos à l’intérieur ou à l’extérieur de la maison est aujourd’hui plus recommandé qu’une cage, en le protégeant des courants d’air et de la pluie.

Le lapin est un animal naturellement propre, il est donc possible de lui apprendre à faire ses besoins dans un bac à litière. 

L’alimentation du lapin 

  • L’alimentation est un point essentiel pour maintenir un lapin en bonne santé.

Un régime alimentaire à base d’herbe fournit au lapin des apports indispensables en fibres, protéines, vitamines et minéraux. L’herbe assure également un limage régulier et intense des dents.

Il est recommandé, autant que possible, de donner un accès à l’herbe sèche aux lapins de compagnie, au moins quelques heures par jour, en les laissant  brouter ou après avoir été tondue et séchée.

Attention cependant au gazon humide, froid et vert, qui peut entraîner des troubles digestifs si le lapin n’y est pas habitué. Il convient également de ne pas donner d’herbe ayant été traitée par des herbicides ou autres produits toxiques. 

  • Le foin doit être apporté à volonté.

Le foin de prairie est le plus recommandé. La paille n’est pas recommandée, sauf si de bonne qualité, car elle est pauvre en apports nutritionnels et souvent très poussiéreuse. Un foin de qualité doit être agréable à l’odeur et sans moisissures.

  • L’alimentation à base de mélanges de granulés et graines (maïs, tournesol, blé, céréales diverses …) n’est pas adaptée au régime alimentaire du lapin.

Pauvres en fibres, ils n’assurent pas une usure dentaire ni un transit digestif régulier, riches en sucres et minéraux, ils sont à l’origine de troubles digestifs et urinaires. Leur appétence est cependant supérieure à celle du foin et il est fréquent que le lapin refuse le foin et n’accepte que ces mélanges. Des granulés de fibres homogènes peuvent être apportés en complément du foin et de la verdure (sans dépasser 20g/kg par jour). Ces granulés doivent contenir un minimum de 20 % de fibres (ou cellulose) pour assurer l’usure dentaire, le transit digestif et prévenir les risques d’obésité. L’eau doit être apportée à volonté, via un biberon ou/et de préférence une gamelle lourde afin qu’il ne puisse pas la renverser.

Un lapin boit environ 100 ml/kg/jour.

  • On évitera les fruits ou alors en quantité excessivement restreinte, en raison des taux élevés de sucres qu’ils contiennent.
  • L’apport de légumes et surtout de nouveaux légumes doivent être modérés et surtout progressifs, afin de ne pas perturber la flore digestive très sensible chez le lapin.

Les maladies dentaires

Les affections dentaires sont la première cause de consultation du lapin de compagnie chez le vétérinaire.

Le lapin adulte possède 6 incisives et 22 molaires qui poussent de façon continue tout au long de sa vie.

Grâce aux fibres qu’elle contient, l’alimentation doit permettre au lapin d’user naturellement ses dents en mâchant. Seul le foin et un peu de granulés riches en fibres permettent d’assurer une usure dentaire correcte.

De nombreux lapins présentent des malocclusions dentaires mauvais alignement des dents). Cette maladie est d’origine génétique ou alimentaire.

Le lapin souffrant de problèmes dentaires présente souvent une baisse d’appétit ou une anorexie, une perte de poids, un écoulement de salive, un ralentissement  du transit digestif.

Il est alors nécessaire de faire limer ses dents par le vétérinaire, sous anesthésie.

Afin d’éviter les maladies dentaires d’origine alimentaire, il convient d’augmenter la ration de foin de votre lapin et de réduire les granulés s’ils sont pauvres en fibre.

Il est indispensable de faire contrôler régulièrement les dents de votre lapin par un vétérinaire.

La protection contre les maladies

Il existe deux vaccins recommandés pour le lapin. Ils visent à protéger l’animal contre des maladies causées par des virus mortels :

  • La myxomatose et la maladie virale hémorragique (RHD ou VHD).
  • La myxomatose est transmise par les insectes piqueurs (puces et moustiques).

Elle peut également être transmise directement lors de contacts entre un lapin malade et un lapin en bonne santé. Tous les lapins sont concernés par cette maladie, même s’ils vivent à l’intérieur du domicile (les moustiques pouvant entrer par les fenêtres ouvertes en été).

 

  • Le lapin malade présente des gonflements des paupières, accompagnés de boutons, au niveau de la tête, des oreilles et des lèvres.

Il n’existe à ce jour aucun traitement de la myxomatose.

  • La maladie hémorragique est une maladie causée également par un virus.

Elle se transmet par contact direct entre lapins mais aussi lors de contact avec l’homme (chaussures, vêtements …), avec des objets ou par nourriture ou encore par les insectes. L’évolution de la maladie est tellement rapide qu’il est fréquent de retrouver le lapin mort en quelques heures. Ici encore, aucun traitement ne permet de guérir un lapin souffrant de maladie hémorragique.

  • La vaccination est le seul moyen de protéger votre lapin contre ces deux maladies graves.

Plusieurs vaccins existent, ils sont administrés selon les cas tous les 4 ou 6 mois ou une fois par an pour certains.

La stérilisation

 

Les lapins atteignent leur maturité sexuelle entre 3 mois (petites races) et 6-9 mois (grandes races).

La capacité du lapin à se reproduire est bien connue et il est conseillé de stériliser les couples afin d’éviter un nombre de naissances incontrôlable.

Chez les femelles, la stérilisation permet d’éviter les cancers de l’utérus. Ce cancer atteint 80% des lapines de plus de 4 ans.

  • Les mâles non castrés sont plus sujets à développer une urine très odorante et des problèmes de comportement comme l’agressivité, les morsures et le marquage urinaire.

La stérilisation permet alors de diminuer ces comportements dérangeants.

  • L’âge conseillé pour stériliser votre animal est entre 6 mois et 1 an.

Il est néanmoins possible d’opérer plus tard. La stérilisation  peut faire grossir un peu l’animal. Il est alors conseillé d’utiliser une alimentation adaptée.

Les parasites

Le lapin de compagnie peut souffrir de maladies dues à des parasites. Les puces, les tiques, les acariens de la gale et les champignons à l’origine de la teigne sont fréquemment rencontrés.

Selon les cas, le lapin peut se gratter, perdre des poils, présenter des croûtes ou des pellicules sur la peau du corps, des oreilles de la tête.

Une consultation chez le vétérinaire permet de poser un diagnostic et de donner le traitement le plus adapté.

Attention, certains produits utilisés chez le chien et le chat sont toxiques chez le lapin. Le lapin peut également être porteur de parasites sans pour autant montrer de symptômes. Ces parasites (champignons,  protozoaires …) peuvent être contagieux pour l’homme ou dangereux pour l’animal s’ils prolifèrent.

Il convient donc de demander conseil au vétérinaire et de mettre en place, si besoin un traitement préventif.

Les maladies digestives

Les problèmes digestifs sont une urgence médicale chez le lapin.

En particulier, les arrêts de transit. Ils se manifestent par un ralentissement ou un arrêt de l’émission des selles.

Lorsqu’elles sont encore présentes, les crottes de lapin malade sont petites et sèches. Il convient alors de consulter rapidement un vétérinaire qui prescrira le traitement le mieux adapté et proposera souvent l’hospitaliser l’animal.

De nombreux facteurs peuvent provoquer un ralentissement du transit intestinal

  • Problèmes dentaires
  • problème intestinal
  • manque de fibres dans la ration alimentaire
  • stress,
  • douleur,
  • boule de poils ou de foin séchés dans le tube digestif.

CONCLUSION

La meilleure façon de prévenir nombreux problèmes de santé est de consulter régulièrement votre vétérinaire.

La consultation vaccinale est par exemple le moment privilégié pour effectuer un examen médical complet.

Elle permet de vérifier la dentition de votre animal, de mettre en place des traitements antiparasitaires, de suivre son poids et de réajuster son alimentaire le cas échéant.

Source : Dr Emmanuel Risi, Vétérinaire, CHV Atlantia (Nantes)