Nos animaux domestiques et le coronavirus : pas de panique …

Nos animaux domestiques et le coronavirus : pas de panique … toujours pas de preuve que ces derniers jouent un rôle dans la diffusion du virus.

Tenant compte des nouvelles données épidémiologiques et expérimentales, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire  de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a complété, le 14 avril 2020, son avis du 11 mars concernant la participation éventuelle des animaux domestiques à la diffusion du virus du Covid-19 et se rend à la même conclusion.

Elle considère « qu’il n’existe actuellement aucune preuve que les animaux domestiques jouent un rôle épidémiologique dans la diffusion du Sars-CoV-2, cette diffusion étant le résultat d’une transmission interhumaine efficace par voie respiratoire »

Cet avis complété intervient « à la lumière des éléments scientifiques actuellement disponibles (phylogénie du Sars-CoV-2, épidémiologie du Covid-19, études in vitro, in vivo…) et malgré les cas sporadiques qui ont été pu être décrits ainsi que les infections expérimentales ayant démontré la réceptivité de quelques espèces animales au virus ».

L’Anses constate que de rares cas de contamination et/ou d’infection des animaux de compagnie par le Sars-CoV-2 ont été rapportés jusqu’à présent, mais « ces cas de contamination et d’infection restent sporadiques et isolés au regard de la forte circulation du virus chez l’Homme et de l’ampleur de la pandémie à l’heure actuelle ».

Selon l’agence, « les cas investigués sont en faveur d’une transmission de l’Homme vers l’animal ».

Elle souligne qu’il existe peu d’informations sur la proportion d’animaux testés négatifs au virus et qui auraient été en contact étroit avec des personnes atteintes du Covid-19.

Les experts estiment aussi que « la présence d’ARN détecté par RT-PCR n’est pas forcément associée à la présence de particules vitales infectieuses ou à une infection productive et, donc, ne permet pas de conclure, à elle seule, à une infection de l’animal. Une contamination passive ne peut être exclue », argument-ils.

Ils rappellent que le Sars-CoV-2 est d’origine animale (chauve-souris, rhinolophidae) avec ou sans intervention d’un hôte intermédiaire.

Dans le contexte actuel et au vu des éléments cités, ces experts considèrent « que la transmission du Sars-CoV-2 de l’Homme à une espèce animale domestique (animaux d’élevage et de compagnie) ne peut être totalement exclue mais qu’une adaptation à celle-ci semble actuellement peu probable ».

Pour remettre son avis, l’Anses a pris en compte les nouveaux cas de chiens et de chats testés positifs mais asymptomatiques à Hong-Kong, le cas du chat en Belgique présentant des signes cliniques, l’étude par prélèvements réalisés par le laboratoire Idexx, les infections expérimentales chez les animaux domestiques, le cas du tigre et des lions testés positifs et présentant des signes cliniques au zoo de New-York, les cas des chats testés positif à Wuhan et enfin l’étude sérologique et virologique menée sur des chats et des chiens d’étudiants de l’Ecole Vétérinaire d’Alfort. Le nouveau cas du chat détecté et soigné à Maisons-Alfort est dans la continuité de ce qui a été dit précédemment.

En conclusion, si vous êtes malade de la Covid-19, respectez comme pour les humains les mesures de distanciation et les gestes barrières pour ne pas contaminer vos animaux.

Et au vu des connaissances actuelles, rien ne justifie l’abandon de nos animaux par crainte de la maladie.

Sources : La Dépêche Vétérinaire n° 1526-1527 du 25 avril au 8 mai 2020

                  La Dépêche Vétérinaire n° 1523-1524-1525

                  Lefil du 06.04.2020

Cet article a été sélectionné pour vous par la Clinique La Renardière