« L’Alzheimer » du vieux chien

Dès l’âge de 8 ans, le chien est considéré comme un senior.

Le vieillissement, inéluctable frappe souvent plus tôt les races géantes comme le Dogue allemand (à partir de 7 ans) tandis que les petits formats comme les Yorkshires déclinent à partir de 11 ans.

Parmi les animaux, près d’un chien sur quatre développe l’équivalent canin de la maladie d’Alzheimer des humains, une démence sénile qualifiée de dysfonctionnement cognitif canin (DCC). C’est une maladie neurologique dégénérative qui ne se soigne pas à proprement parler, mais dont on peut ralentir la progression grâce à une prise en charge vétérinaire précoce et un investissement attentif du propriétaire.

Si elle est ignorée, elle entraîne rapidement une détérioration de la relation maître-chien, le premier peinant à reconnaître son protégé dans l’animal bizarre qu’il a désormais à ses côtés, le second perdant progressivement ses repères tout en développant des comportements indésirables.

Le dysfonctionnement cognitif canin n’est pas un simple vieillissement de l’animal, c’est une maladie.

Les signes qui finissent par alerter le maître sont tous liés à un comportement nouveau et étrange de l’animal.

Dans un premier temps, on attribue à tort ces symptômes au poids des années qui s’accumulent : le chien ne répond plus à l’appel, il n’obéit plus, il reste face à un mur ou à un objet comme en état d’hypnose.

 Il n’a pas l’air de savoir où il se trouve, ni ce qu’il fait dans cet endroit. Par exemple, debout sous la pluie, il ne va pas se mettre à l’abri pour se soustraire au déluge.

Il devient parfois craintif ou agressif, malpropre, aboyeur ou destructeur. Il n’apprécie plus les caresses, perd ses habitudes et se réfugie dans un monde à part où personne ne peut le rejoindre.

Cet inconnu-là, c’est le chien que vous chérissez depuis des années, que vous croyiez connaître et qui, jour après jour, s’éloigne de vous. C’est aussi un chien qui souffre de sa nouvelle condition, sans repères spatio- temporels, sans possibilité de communiquer.

La démence du vieux chien n’affiche pas nécessairement tous ces symptômes, pour la plupart des malades, seuls certains d’entre eux sont observables.

Tous cependant ont pour conséquence un bouleversement du rythme du sommeil (l’animal s’agite et pleure la nuit sombrant la journée dans un profond sommeil), un état d’anxiété paroxystique dans des situations très ordinaires, des troubles de l’appétit (boulimie ou anorexie) et une désorientation qui semble le frapper brusquement alors qu’il est en route vers un endroit précis (sa corbeille, la cuisine, le jardin …)

Le chien devient malpropre, ne veut plus jouer ou communiquer avec ses humains familiers et affiche une indifférence totale à tout ce qui n’est pas son confort.

C’est ce faisceau de comportements anormaux qui met le vétérinaire sur la voie du diagnostic. Il n’existe pas de marqueur spécifique de cette maladie, mais c’est le dialogue avec le propriétaire qui infirme ou confirme la démence sénile.

La majorité des chiens atteints ne sont toutefois pas détectés comme tels et leur qualité de vie s’en ressent alors énormément. Il arrive que leurs propriétaires les prennent en grippe à cause de leurs bêtises à répétition et certains sont euthanasiés sans qu’on ait mis en place des mesures susceptibles d’améliorer leur état.

Après un bilan de santé et un bilan sanguin, le vétérinaire peut prescrire un traitement qui aidera l’animal à dormir en respectant le cycle jour-nuit et apaisera ses angoisses ou son agressivité. Il proposera un régime enrichi en Oméga 3 et en mélatonine qui participera à l’oxygénation du cerveau.

Le reste du traitement appartient au maître qui doit s’armer à présent de patience pour rassurer son compagnon et entretenir ce qui lui reste de neurones. Il lui faut se montrer doux, disponible et bienveillant : les cris effraient le chien qui ne comprend pas ce qu’on lui reproche.

De courtes promenades fréquentes minimiseront les dégâts à la maison. Si votre animal passe la majeure partie de son temps à dormir, réveillez-le en douceur et initiez une courte partie de jeu avec une balle, une peluche. Prenez-le avec vous pour aller chercher du pain, emmenez-le au bois ou à l’Agility pour le sortir de sa léthargie. S’il s’arrête brusquement les yeux dans le vide, visiblement désorienté, ramenez-le gentiment à son panier où il finira par reprendre ses esprits.

Il est nécessaire de parler à votre chien, en espérant que son ouïe ne soit pas trop diminuée, de le caresser autant qu’il l’accepte, d’établir une normalité dans son monde chaotique. Votre mission est de le stimuler et de le récompenser. Vous avez toujours été son pilier et plus que jamais il a besoin de vous.

La démence sénile ne remet pas en cause l’espérance de vie : c’est la qualité de vie qui est menacée. Soyez donc à l’écoute de votre chien vieillissant sans oublier que ses changements de comportement sont une maladie qui nécessite une prise en charge active et beaucoup d’affection pour l’aider à poursuivre son chemin à vos côtés dans les meilleures conditions.

Sources : Fondation aux Animaux 2019, « L »Alzheimer » du chien sénile.          

                                                               Cet article a été sélectionné et rédigé pour vous par la Clinique La Renardière