Hypertension artérielle féline

Le dépistage et le traitement de l’hypertension artérielle féline sont souvent guidés par les maladies associées

L’hypertension artérielle peut être secondaire à une maladie rénale chronique ou une hyperthyroïdie. Elle apparaît parfois postérieurement à leur prise en charge.

La prévalence de l’hypertension artérielle est estimée à environ 2 % chez le chat et entre 0.5 et 10 % chez le chien. La maladie peut être idiopathique ou associée à d’autres maladies, dont le diagnostic incite à mesurer la pression artérielle systolique (PAS) afin de la détecter.

Des chats initialement normotendus

Dans l’espèce féline, l’affection la plus fréquemment associée à l’hypertension artérielle (HTA) est la maladie rénale chronique (MRC) : 40 % des chats atteints de MRC (maladie rénale chronique) présentent une HTA (hypertension artérielle). Le risque d’apparition augmente avec le stade de MRC (maladie rénale chronique) et dans une moindre mesure, la présence de protéinurie. En outre, 20 à 40 % des chats non hypertendus au moment du diagnostic de MRC (maladie rénale chronique) le deviennent dans l’année qui suit. La pathogénie des deux maladies est en effet liée au système rénine-angiotensine-aldostérone.

L’hyperthyroïdie est une autre maladie sous-jacente majeure. Historiquement, elle était trouvée associée à une HTA (hypertension artérielle) dans près de 80 % des cas. Mais l’évolution des techniques de mesure de la PAS (pression artérielle systolique) a revu cette proportion à la baisse, estimée à moins de 20 % aujourd’hui. En revanche, il est nouvellement établi que 23 % des chats hyperthyroïdiens normotendus lors du diagnostic développent une HTA (hypertension artérielle) post-traitement.

Une HTA (hypertension artérielle) est également fréquente lors de diabète sucré (0 à 15 % des cas), d’hyperaldostéronisme primaire (50-100 %), d’hyperadrénocorticisme (10-20 %) et de phéochromocytome. Le lien à l’obésité connu chez l’homme, est suspecté mais non démontré.

Systématiser le dépistage

En pratique, une HTA (hypertension artérielle) est recherchée chez le chat dès que l’une des maladies précitées est diagnostiquée ou suspectée. Elle l’est aussi dans leur suivi puisqu’elle peut apparaître postérieurement au diagnostic.

Une mesure de la PAS (pression artérielle systolique) est également recommandée chez le chat senior ou lors de signes d’appel tels que des vocalises nocturnes (qui diminuent souvent après la mise en place du traitement). A noter, la PAS (pression artérielle systolique) augmente naturellement avec l’âge (+0.5 à 2 mmHg/an).

Une HTA (hypertension artérielle) peut être présente sans signe clinique associé, même si elle est grave. Les signes les plus spécifiques sont consécutifs à des lésions des organes cibles (LOC) : reins (apparition ou progression d’une MRC [maladie rénale chronique]), œil, système nerveux central, système cardio-vasculaire.

La mesure de la PAS (pression artérielle systolique) est indiquée lors de protéinurie même sans MRC (maladie rénale chronique) associée, car elle peut-être secondaire à une HTA (hypertension artérielle).

Thérapeutique cas-dépendante

Lors d’HTA (hypertension artérielle) grave isolée et/ou de LOC (lésions des organes cibles), l’amlodipine est conseillée.

Récemment, le telmisartan, bloqueur des récepteurs de l’angiotensine, a obtenu une AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) pour traiter l’HTA (hypertension artérielle) sur des chats avec une PAS (pression artérielle systolique) inférieure à 200 mmHg. Si l’animal présente en outre une MRC (maladie rénale chronique) et/ou une protéinurie concomitante, le telmisartan a montré son efficacité. Lors d’administration d’amlodipine, un inhibiteur de l’enzyme de conversion de l’anglotensine (IECA) peut également être prescrit en complément en cas d’hypertension réfractaire à l’amlodipine seule.

Un contrôle est recommandé après 7 à 10 jours (1 à 3 jours en cas d’HTA [hypertension artérielle] grave ou de LOC [lésions des organes cibles]). L’objectif est de retrouver une PAS (pression artérielle systolique) inférieure à 160 mmHg (120-140 dans l’idéal). Au-delà, la dose est augmentée ou un autre hypotenseur associé. Après stabilisation, le chat est revu tous les 4 à 6 mois (plus souvent si une MRC[maladie rénale chronique] sous-jacente le nécessite).

En cas d’hyperthyroïdie associée à l’HTA (hypertension artérielle), le traitement hypotenseur est adapté au cas. Le choix repose notamment sur la galénique (comprimé ou solution orale) la plus appropriée au chat et à son propriétaire.

Bonnes pratiques de mesure de la pression artérielle systolique

La mesure s’effectue à la queue ou sur l’extrémité distale d’un membre.

Les premières mesures ne sont pas prises en compte pour laisser l’animal se familiariser au brassard. Le résultat retenu est une moyenne des mesures suivantes (5 ou 7, desquelles seront écartés les 2 extrêmes). La tonte du site n’est pas nécessaire.

Pour le suivi, les mesures seront effectuées suivant le même mode opératoire.          

Sources : Vetomecum – mai-juin 2019

Cet article a été sélectionné pour vous par la Clinique La Renardière