Vers l’élimination de la rage autochtone dans l’Union Européenne (UE) en 2020

  • En 2018 et 2019, le virus de la rage n’était plus présent que dans trois, puis deux Etats membres de l’UE28 respectivement, et le nombre de cas se comptaient sur les doigts d’une main.
  • Des experts français et européens rappellent que la Commission européenne a fixé 2020 comme objectif d’élimination de la rage animale dans l’UE28.
  • Ils estiment qu’il est possible d’atteindre cet objectif, et l’illustrent par les résultats de 30 ans de lutte, financée par Bruxelles au sein de l’UE comme à ses frontières.
  • Cette lutte repose sur deux campagnes annuelles de vaccination orale des renards, chiens viverrins et autres chacals (qui se fait à l’aide de machines automatisées avec géolocalisation en continu) et sur la surveillance, de la prise vaccinale d’une part, et des cas de rage d’autre part.

Si l’éradication de la rage animale dans le monde est envisagée pour 2030 l’échéance pour l’Union européenne (UE28) devrait être nettement plus proche, selon une décision prise par Bruxelles en 2016 : la date butoir est de 2020. La stratégie repose sur la même méthode qui a permis de l’éradiquer de France en 2000 : la surveillance et des campagnes régulières de vaccination orale des renards (voir l’illustration principale).

Dispersion automatisée

Elles se déroulent selon le même principe : dispersion aérienne des appâts (20-25 appâts/km2) deux fois par an, suivies au moins un mois après de campagnes de contrôle d’efficacité de la vaccination.

Succès en bonne voie

Trente ans de cette stratégie ont vu une chute impressionnante du nombre de cas de rage animale détectés dans l’UE (voir le graphique ci-dessous) et l’éradication du virus d’Europe occidentale et centrale. En 2016, il n’était plus présent que dans 4 États membres : Lituanie, Pologne, Hongrie et Roumanie. En 2018, seul 8 cas endémiques (non importés) ont été détectés : 4 en Pologne, 3 en Roumanie et 1 en Lituanie… Ils étaient tous (sauf un cas polonais) situés à proximité de la frontière orientale de l’UE. Sur les six premières semaines de 2019, seuls deux cas de rage animale ont été identifiés dans l’UE : l’un en Pologne et l’autre en Roumanie.

Statut indemne

Dans une réunion conduite avec l’OIE, les experts estimaient début 2019  que le principal obstacle à l’atteinte de l’objectif de 2020 est le « faible niveau de réalisation de la surveillance » dans les Balkans. S’il s’avérait qu’il n’y avait plus de cas dans l’UE28 en 2020, il faudrait ensuite deux années sans cas autochtone (non importé) pour pouvoir prétendre au statut officiellement indemne de rage pour l’ensemble de l’UE28. Les auteurs de cette synthèse estiment que le « principal défi sera le maintien du statut indemne à long terme car de nombreux pays européens n’appartenant pas à l’UE demeurent infectés ». Ils soulignent l’importance de maintenir des zones tampons où la vaccination serait pratiquée et surtout, « l’importance cruciale d’une surveillance adéquate de la rage ». Ils préviennent aussi que ces campagnes « ne devraient pas être stoppés au moins deux ans après le dernier cas ».

Source : Vincent Dedet – LEFIL du 11 octobre 2019

Cet article a été sélectionné et rédigé pour vous par la Clinique La Renardière