La Covid-19 et les animaux :

Dernières mises au point

Historique

Les premiers coronavirus ont été découverts dans le monde animal avec, d’abord, le virus de la bronchite infectieuse aviaire puis une chronologie d’infections majeures s’en est suivie.

Le coronavirus félin ou PIF (Péritonite infectieuse féline) est découvert à la fin des années 1960 par Pedersen.

Les coronavirus humains connus aujourd’hui ont tous une origine animale.

En médecine humaine, la conscience de la gravité des coronavirus arrive en 2002-2003 avec l’émergence du premier Sars (Syndrome aigu respiratoire sévère), le MERS-CoV provoquant un syndrome respiratoire grave, transmis par les dromadaires et circulant toujours au Moyen- Orient.

Description

Le nom coronavirus vient de la « couronne » porté par le virus. Cette couronne est élaborée grâce à la protéine S (« Spike » en anglais), protéine clé permettant l’attachement aux récepteurs et l’entrée du virus dans la cellule.

La recherche vaccinale actuelle cible des anticorps dirigés contre cette protéine.

Ces virus possèdent le plus grand génome à ARN (30 000 nucléotides) sachant que chaque coronavirus a un génome particulier et des gènes qui lui sont spécifiques. La famille virale est grande et contient plusieurs genres :

  • Alpha (on y retrouve la PIF)
  • Beta (les virus apparentés aux Sars)
  • Gamma (virus aviaires)
  • Delta (virus porcins)

Ces virus sont susceptibles d’infecter toutes les espèces, exceptées les arthropodes (insectes, araignées, crustacés, myriapodes …) et les poissons.

Il est à noter qu’il n’existe pas de coronavirus spécifique des grands singes.

On constate également qu’il peut exister plusieurs coronavirus chez une même espèce.

Les infections engendrées peuvent être bénignes ou au contraire, très graves et provoquer des symptômes digestifs ou respiratoires majeurs comme pour la PIF ou le coronavirus du furet.

Enfin, ces virus mutent, évoluent et sont capables de se recombiner entre eux engendrant des transmissions inter-espèces.

Bonne nouvelle

L’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) maintient dans un avis actualisé du 19 novembre 2020, ses conclusions d’avril dernier selon lesquelles les animaux ne jouent pas de rôle dans le maintien et la propagation du SARS-CoV-2 chez les humains dans notre pays. L’agence confirme qu’à ce jour, « les animaux domestiques et les animaux sauvages, ne jouent aucun rôle épidémiologique dans le maintien et la propagation du SARS-CoV-2 en France, où la diffusion du virus est aujourd’hui le résultat d’une transmission interhumaine par voie respiratoire ».

L’Anses appelle toutefois à la vigilance pour ne pas constituer à l’avenir un réservoir animal favorable à la propagation du virus.

En ce qui concerne les animaux de compagnie, l’agence recommande à nouveau aux personnes atteintes de la Covid-19 de respecter les gestes barrières afin de limiter les risques d’infection de l’Homme à l’animal « sans pour autant compromettre leur bien-être ».

Les données disponibles pour définir si une espèce animale est réceptive (c’est-à-dire capable d’héberger le virus sans forcément développer de symptômes) ou sensible au virus SARS-CoV-2 (c’est-à-dire capable d’exprimer des signes cliniques et/ou des lésions dues au virus) proviennent soit d’infections expérimentales, soit d’infections naturelles constatées sur le terrain, rappelle l’agence.

Jusqu’à présent, rien ne montre que les poulets, les dindes et les canards sont réceptifs ou sensibles au SARS-CoV-2.

 

Concernant les bovins et les porcs, des études complémentaires s’avèrent nécessaires pour confirmer ou infirmer leur réceptivité au virus mais les études publiées révèlent que ces animaux n’y sont pas sensibles.

Si les lapins et les chiens sont réceptifs au SARS-CoV-2, leur sensibilité reste néanmoins à confirmer.

« Par ailleurs, les essais réalisés sur des chiens contacts n’ont pas permis de démontrer une transmission du virus entre eux. Enfin, il n’existe pas, à l’heure actuelle, de données scientifiques mettant en évidence une transmission du SARS-CoV-2 depuis le chien vers une autre espèce » souligne l’Anses.

Quant au lapin des recherches sont en cours.

Parmi les espèces animales les plus connues, les chats sont réceptifs et sensibles au SARS-CoV-2 avec une transmission intra-espèce, c’est-à-dire entre individus d’une même espèce avérée.

En revanche, il n’existe à ce jour aucune donnée scientifique mettant en évidence une transmission du SARS-CoV-2 depuis le chat vers une autre espèce.

« Comme pour le chien, la survenue d’infections naturelles chez le chat par le SARS-CoV-2 intervient dans un contexte de forte pression virale par contacts étroits avec leurs propriétaires atteints par la Covid-19 », précise l’Anses.

Les furets et les hamsters sont réceptifs et sensibles au virus SARS-CoV-2, avec une transmission intra-espèce avérée. Rien actuellement ne montre une transmission du SARS-CoV-2 depuis ces animaux vers d’autres espèces, ni d’infection naturelle.

Au sujet du vison, des données actuelles indiquent que cette espèce est réceptive et sensible à notre virus avec une transmission intra-espèce avérée et inter-espèce présumée.

L’Anses souligne que la survenue de ces événements de transmission depuis les visons infectés vers l’Homme « est vraisemblablement à relier au contexte de forte pression virale due à une densité élevée de la population animale au sein de ces élevages ». Ceci a été établi suite aux événements survenus aux Pays-Bas et au Danemark qui sont en faveur d’une transmission-retour du virus à partir de visons infectés vers les humains.

Les tigres, les lions et les pumas dans les parcs zoologiques sont des espèces réceptives et sensibles au SARS-CoV-2.

D’autres travaux sur d’autres espèces sont à réaliser.

En conclusion

La vigilance reste de mise mais jusqu’à présent les animaux n’ont aucun rôle dans la propagation du virus SARS-CoV-2 en France.

Si nous sommes malades, nous devons respecter les gestes barrières pour les protéger eux-aussi.

Sources :

  • Covid-19 : une clinique majoritairement asymptomatique chez les carnivores domestiques et les NAC – Sophie Le Poder – professeure de virologie de l’ENVA

La Dépêche Vétérinaire n° 1558 du 23 au 29 janvier 20521 – p.15

  • Covid-19 : pas de rôle des animaux dans la propagation du virus en France, maintient l’Anses

La Dépêche Vétérinaire n° 1150 du 28 au décembre 2020 – p.16

Cet article a été sélectionné et rédigé  par le Dr CARRERE