Des belles envahisseuses au costume chatoyant et au ramage chantant.

Quel ne fut pas mon étonnement de découvrir ce printemps dans le cerisier de mon jardin, des visiteuses inconnues jusqu’alors.

J’étais habituée à partager tous les ans sa production de succulentes cerises avec des tourterelles, des pigeons et des merles mais des sifflements inaccoutumés dans ses branches ont attiré mon attention.

La surprise fut grande quand je vis ces magnifiques squatteuses au plumage vert vif : des perruches à collier.

Mais qui sont-elles ? Elles appartiennent à une espèce de grande perruche d’origine afro-asiatique.

L’espèce porte le nom du naturaliste autrichien Wilhelm Heinrich Kramer d’où son nom scientifique : Psittacula krameri.

Si ces oiseaux sont souvent élevés en captivité pour la beauté de leur plumage, des populations retournées à la vie sauvage existent à présent au Royaume Uni, en France, en Belgique, en Espagne, au Portugal et en Italie.

Les perruches à collier mesurent de 40 à 41 cm de longueur pour une envergure de 47 cm et un poids de 117 g. Elles possèdent un plumage à prédominance verte et un cri caractéristique : on dit qu’elles sifflent ou jacassent.

Leur queue est longue et présente des nuances bleu azur. Le ventre et le dessous des ailes sont jaunâtres. Une ligne noire relie la base du bec aux yeux. La mandibule supérieure du bec est rouge tandis que l’inférieure est noire.

Les mâles se distinguent par un collier noir qui s’étend du bec au cou ainsi que par une mince bande rouge sur la nuque.

Les femelles et les jeunes de moins de 3 ans sont souvent plus clairs et ont une queue plus courte.

 Ils ne présentent pas de collier ou alors un simple ombrage gris et des bandes claires sur la nuque toujours de même couleur mais de teintes plus pâles que le plumage environnant.

Leur vol est rapide et direct associé à des cris lors des vols en groupe. Les perruches se déplacent en bandes bruyantes d’un arbre à l’autre pour se nourrir ou pour finir par de rassembler à la tombée du jour dans un dortoir et y passer la nuit.

Lors de la période de reproduction (mars-avril) le dortoir est en général abandonné au profit des sites de reproduction jusqu’à l’automne. La  nidification est dite cavernicole car les pontes se font dans des anfractuosités, souvent dans un arbre creux comme un vieux platane.

Les couvées sont composées de 2 à 6 œufs incubés en 21 jours. Les jeunes en moyenne de 2 à 3 sont nourris au nid pendant une quarantaine de jours.

L’espèce s’est bien acclimatée à l’Europe de l’Ouest. Elle s’alimente sur les arbres d’ornement, mange des graines d’érable ou se nourrit sur les arbustes à baies.

Les conditions hivernales ne lui font pas peur car elle vient d’Inde et a l’habitude de survoler des montagnes où il fait très froid.

Parvenant ainsi facilement à trouver de la nourriture, elle résiste bien aux hivers. Les lieux de reproduction ne manquant pas au fond de cavités préexistantes dans de vieux arbres, ses populations sont en expansion en Europe, inquiétant ainsi certains observateurs.

Sur le portail officiel du Conseil départemental des Hauts-de-Seine, un article énumère les ravages que ces oiseaux sont susceptibles de causer, leurs effectifs ne cessant d’augmenter depuis leur introduction en France.

En Ile-de-France, les perruches sont passées de 2700 individus en 2012 à 5300 en 2019, selon l’Office National de la Chasse et de la Faune (ONCF).

Leur apparition remonterait sur notre territoire à 1974. Des spécimens se seraient échappés d’une cage endommagée à l’aéroport d’Orly. D’autres incidents similaires, dont un à Roissy dans les années 1990 auraient renforcé leur nombre au fil du temps.

Ces oiseaux magnifiques ont su s’adapter facilement à leur nouvel environnement.

On les trouve également le long de la côte méditerranéenne, mais aussi à Nantes, Lyon, Lille tout comme dans la plupart des grandes villes européennes.

François Chiron, enseignant à l’université Paris-Saclay, ne considère pas que cette acclimatation soit préoccupante.

Actuellement, ces perruches qui peuvent vivre 20 à 30 ans, ne causent pas de problèmes écologiques majeurs. L’espèce commence à être chassée par la chouette hulotte et les faucons pèlerins qui font leur grand retour en ville notamment à Paris.

Le maître de conférence en écologie cite la dernière étude à laquelle il a contribué et mené en collaboration avec le Muséum national d’Histoire naturelle, dont l’objet est d’observer les effets de la présence de ces volatiles dans la compétition alimentaire entre les oiseaux sur les mangeoires.

Si, comme dans le cas de la pie ou de la tourterelle, leur présence peut dissuader certains petits oiseaux de venir se sustenter en même temps qu’elles, moineaux et rouges-gorges ne désertent pas pour autant le terrain et profitent de leurs absences pour se nourrir.

Toujours, d’après François Chiron, l’impact à Bruxelles ou à Londres sur la reproduction des sittelles, une variété de chauves-souris dont les perruches à collier occupent les nids, ne serait pas significatif. Par contre, en Espagne, des cas d’agressions sur les grandes noctules ont été observées. Les perruches chassaient ces chauves-souris de leurs cavités.

L’enseignant nuance cependant : « Cette espèce de chauve-souris, rare en France, est, quoiqu’il en soit, peu adaptée à la ville et préfère la campagne ».

Pour lui donc pas de raison de parler de fléau. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) recommande néanmoins de ne pas nourrir les perruches à collier.

« Les seules nuisances qui peuvent se comprendre ne sont pas d’ordre écologique. Les perruches se rejoignent chaque soir sur quelques arbres voisins pour la nuit. Avoir un dortoir de 500 perruches sous ses fenêtres peut devenir invivable pour les riverains. » Leurs retentissantes jacasseries en sont la cause.

En conclusion, actuellement ces remarquables volatiles sont classés dans la catégorie espèce de préoccupation mineure (en augmentation).

Des expériences participatives comme le Birdlab, application lancée en 2014 par l’université Paris-Saclay en collaboration avec le Museum national d’Histoire naturelle permettront aux scientifiques de mieux préciser l’impact de ces nouvelles venues dans l’hexagone et je suis curieuse de découvrir au prochain printemps l’évolution de leur présence dans mon jardin.

Sources : Les perruches à collier, vrais bijoux ou beautés fatales ? Charlotte Raclet – Télé-loisirs n° 1799 du 22 au 28 août 2020

                https://www.lavoixdunord.fr/art/region/tourcoing-les-perruches-a-collier-s-invitent-chez-nous-ia26b58810n3369215

                https://fr.wikipedia.org/wiki/Perruche_%C3%A0_collier

 Cet article a été rédigé par le Dr CARRERE