Anecdote Historique

Dans notre inconscient collectif fondé sur les toiles de peinture et les sculptures de l’époque postmédiévale ainsi que sur les films de cinéma, les chevaux de guerre du Moyen-Âge sont souvent représentés comme des montures massives et imposantes.

Or, majoritairement les chevaux de guerre moyenâgeux n’étaient pas plus grands que des poneys selon les normes actuelles (moins d’1,48 m au garrot ou 1,49 m ferré).

Cette constatation repose sur le travail de chercheurs britanniques qui ont analysé près de 2000 ossements de chevaux anglais datant entre 300 et 1650 après J.C., découverts sur 171 sites archéologiques.

L’étude publiée dans l’International Journal of Osteoarchaeology révèle que ces chevaux avoisinaient 1,40 m contre 1,70 m au garrot à notre époque.

Les résultats indiquent que les animaux de 1,60 m ainsi que ceux de 1,50 m étaient très rares, même à l’apogée des haras royaux au cours des XIIIe et XIVe siècles. Le plus grand individu a été trouvé au château de Trowbridge, dans le Wiltshire: il mesurait 1,50m.

Le haut Moyen-Âge (1200-1350 après J.C.) voit la première apparition de chevaux d’environ 1,60 m. Il faut attendre la période postmédiévale (1500-1650) pour que la taille moyenne devienne nettement plus élevée, se rapprochant de celle des chevaux de selle et d’attelage modernes soit 1,70 m.

Cela laisse supposer que, plus que les critères physiques, les guerriers s’intéressaient davantage à des caractéristiques comportementales.

L’émergence de grands chevaux en période postmédiévale parait coïncider avec le développement, au XIVe siècle, de nouvelles technologies militaires, reléguant les chevaux en seconde position.

Ils sont dès lors plus souvent utilisés pour les travaux agricoles, d’où le besoin de puissance. La demande dans le sport commence aussi à se développer à cette époque.

Ainsi au Moyen-Âge, il semblerait que la taille n’ait jamais été un critère de choix, la robustesse et l’endurance, nécessaires pour les tournois ou les campagnes de guerre sur de longues distances, étant d’autres qualités privilégiées par les éleveurs.

Sources :

Cet article a été rédigé par le Dr CARRERE