Les tiques du chat et maladies vectorielles

Mieux les connaître : principales espèces et biologie

Les tiques sont des acariens de grande taille. Il en existe de nombreuses espèces. En France les principales sont Dermacentor reticulatus, Ixodes ricinus et Rhipicephalus sanguineus.

En général ce sont de préférence des bois ou des zones avec des herbes hautes qui sont plus infestées mais une des trois espèces, la tique Rhipicephalus sanguineus, réalise en général l’ensemble de son cycle à l’intérieur. Elle apprécie les chenils, et on peut la trouver dans certaines habitations.

L’infestation est saisonnière avec typiquement deux pics, un au printemps et un à l’automne, mais avec le dérèglement climatique, on peut maintenant en rencontrer presque toute l’année.

Le cycle de ces tiques se fait en 3 phases (larves, nymphes et adultes). A chaque changement, elles doivent se nourrir sur un hôte : sur des micromammifères (comme les mulots) pour les larves et les nymphes, et sur des grands mammifères, comme le chat ou l’Homme, pour les adultes. Les femelles adultes font un unique repas de sang qui dure 5 à 7 jours puis elles se décrochent pour pondre leurs œufs avant de mourir.

Dangers liés aux tiques

A part la spoliation de sang, qui est en général minime, et les réactions inflammatoires (nodules) sur le lieu de morsure, le principal problème vient de la transmission de nombreux agents pathogènes responsables de maladies avec la particularité de pouvoir en transmettre plusieurs en même temps, d’où la difficulté pour les vétérinaires d’en faire le diagnostic.

Les chats peuvent être porteurs d’agents parasitaires transmis par les tiques comme ceux de la piroplasmose, la maladie de Lyme ou borréliose, l’ehrlichiose, l’anaplasmose et certaines rickettsioses comme l’hémobartonellose féline. Cependant le chat est régulièrement porteur asymptomatique, sans exprimer de signes cliniques marqués sauf pour l’hémobartonellose avec laquelle il peut être gravement malade surtout si son système immunitaire est déprimé par le virus FELV et/ou FIV.

La tique doit rester fixée plusieurs heures (généralement de 12 et 24 heures, variable selon les agents pathogènes) avant de pouvoir les transmettre. De nombreux traitements acaricides, s’ils sont appliqués ou administrés à la bonne fréquence, permettent de les tuer avant ce délai donc de limiter la transmission.

Comment protéger votre chat ?

Il existe des acaricides en spray, en pipette, en comprimés et en collier.

Votre vétérinaire est le mieux placé pour vous conseiller et vous prescrire le traitement le plus adapté selon le mode de vie de votre chat, son type de poil, ses particularités (allergie), son entourage (enfants, chats), les voyages et votre budget. Le plus important étant de bien respecter la prescription pour bien protéger votre animal, car une semaine de retard ou un produit mal appliqué peuvent suffire à faire échouer le traitement.

Pourquoi protéger contre les puces et les tiques ?

Les puces et les tiques constituent les principaux parasites externes qui menacent la santé de votre chat. Elles piquent pour prendre un repas de sang et assurer ainsi  leur reproduction et leurs mues (tiques). Elles peuvent être à l’origine de maladies de la peau (ex. allergies liées aux puces ou être un vecteur d’agents pathogènes, à l’origine de maladies générales chez le chat (hémobartonellose ou mycoplasmose…). Ces maladies, dites vectorielles, car transmises au chat par un vecteur (ex. puce, tique), peuvent être discrètes, parfois graves. Moins bien connues que chez le chien,  c’est un sujet de recherches en plein développement aujourd’hui.

Comme 95% de la population des puces vit dans l’environnement domestique du chat (appartement ou maison), celui-ci pourra très facilement être contaminé, et ce durant toute l’année. Les puces une fois sur l’animal peuvent provoquer démangeaisons et même une gêne considérable s’il est allergique aux piqûres de puces. Par ailleurs, si une puce infectée est avalée par le chat, celui-ci  pourra contracter un ver plat digestif fréquent, le Dipylidium caninum. Le risque lié aux tiques  va se situer plutôt à l’extérieur de l’habitation. Celles-ci vivent dans des milieux variés tels que les broussailles, forêts, jardins, parcs, vieux murs.… A l’affut en hauteur, comme à l’extrémité des herbes,  la tique va se laisser tomber sur sa proie, se fixer puis se gorger de sang. C’est à l’occasion de ce repas qu’elle peut transmettre un ou plusieurs agents infectieux différents.

Dans la grande majorité des cas, même si l’animal ne sort pas ou peu, il est recommandé de traiter tous les animaux du foyer (chien, chat) contre les puces, car la principale source de contamination est l’environnement domestique. Un traitement unique ne suffit pas. Il existe aujourd’hui des traitements efficaces et sûrs, de durée d’action plus ou  moins longue, pour faciliter la protection régulière et continue du chat.

Pour les tiques, le chat peut en attraper presque toute l’année au cours de ses activités extérieures. Dans ce cas, il est important de le protéger avec un antiparasitaire actif également contre les tiques.

Dans tous les cas, demandez conseil à votre vétérinaire.

Sources : MSD Santé Animale – mardi 9 octobre 2018

Cet article a été sélectionné pour vous par le Clinique La Renardière