Le Cardinal de Richelieu, amoureux des chats jusqu’au bout

Au Palais Cardinal (l’actuel Palais-Royal), la résidence de Richelieu, une pièce spéciale était réservée aux chats, qu’il nourrissait de blanc de poulet et qu’il faisait soigner par son médecin personnel. Sur certains tableaux, il figure avec un ou plusieurs animaux, comme dans le très fameux portrait peint par Robert-Fleury et conservé à la Wallace Collection de Londres.

Les journées du Cardinal étant très longues (entre quinze et seize heures) avoir des chats autour de lui le délassait.

Le puissant ministre de Louis XIII passe pour avoir été le premier à la cour à être fasciné par ces animaux énigmatiques et indépendants et aussi précurseur en félinophile. Deux de ses serviteurs étaient spécialement dévolus à leur surveillance et leur bien-être.

Les quatorze chats du Cardinal Richelieu

Le cardinal avait appelé ses petits « amours » de noms plutôt inventifs :

  • Félimare (tigré)
  • Gavroche (semi-angora)
  • Gazette (fort indiscret)
  • Lucifer (noir comme le jais)
  • Ludovic le Cruel (tueur de rats invétéré)
  • Ludoviska (amante polonaise de Ludovic le Cruel)
  • Mimi-Paillon (un angora doré)
  • Mounard le Fougueux (querelleur, vif et capricieux)
  • Perruque (tombée de la perruque d’Honoré de Bueil de Racan, poète et écrivain)
  • Pyrame et Thisbé (qui étaient attirés l’un vers l’autre puisqu’ils portaient le nom de deux amants de la mythologie grecque).
  • Racan (du nom du poète et académicien)
  • Rubis sur l’ongle (qui buvait son lait jusqu’à la dernière goutte)
  • Serpolet (qui adorait le soleil)
  • Soumise que le Cardinal qualifiait de « chatte fort douce et fort caressante » était sa favorite, ce qui en dit long sur ses relations avec les humains et plus particulièrement les femmes.

Des animaux sous haute protection

Quand il recevait ses ambassadeurs, ses espions ou ses secrétaires, Richelieu avait coutume de tenir au moins un chat sur ses genoux, qui lui apportait un calme bienfaisant.

Le poète François Maynard (1582-1646), disciple de Malherbe, qui fut admis à l’Académie française (institution fondée par le Cardinal) fustige dans ses œuvres « le tyran mitré de la France [qui] trouva pourtant un cœur de chair près de la miaulante engeance ».

Richelieu avait même porté ses chats sur son testament, afin que leur entretien et leur subsistance continuent d’être assurés après sa mort. Mais le Cardinal était un des êtres les plus détestés de France. A peine eu-t-il rendu son dernier souffle que les gardes suisses se précipitèrent dans la pièce qui abritait les animaux, les étranglèrent puis dit-on, les firent cuire pour les manger. Terrible revers dont la vie en connait malheureusement le secret.

Jusqu’en 2007, il existait à Richelieu, ville entièrement bâtie sur ordre du Cardinal, un musée du chat, né de l’envie de faire découvrir la passion de Richelieu pour ses protégés.

Sources : Revue Miaou n° 3 – parue le 22-08-2018

Cet article a été sélectionné pour vous par la Clinique La Renardière