Grand froid

Les médicaments craignent plus le gel que la canicule

Ces derniers jours de février sont les journées les plus froides de l’hiver avant un week-end attendu comme printanier. Gare aux idées reçues. Le froid conserve les médicaments. La chaleur les dégrade. C’est simple. Et ce n’est pas faux tant qu’il ne s’agit pas de températures négatives. Car un épisode de congélation-décongélation est susceptible de dégrader fortement les formes liquides et leurs principaux actifs, mais aussi parfois les formes solides dites sèches.

Les points forts

  • Episodes de grand froid. Gare aux effets sur les médicaments. Il est habituel de se méfier des chaleurs caniculaires mais pas du froid qui est censé mieux les conserver. Pourtant, l’effet d’un cycle de congélation-décongélation n’est pas connu. L’Agence du médicament humain recommande de ne pas utiliser un médicament décongelé en présence de signes d’altération. Tout comme les médicaments étiquetés « ne pas congeler » (les vaccins par exemple) ou ceux étiquetés « ne pas réfrigérer », notamment certaines formes huileuses.
  • Le stockage dans les voitures est la pratique à risque le plus élevé car les températures très inférieures à 0°c congèlent les liquides et même dégradent les solides il est donc recommandé de placer (tous) les médicaments dans des caissons isothermes (non réfrigérés) ou, à défaut, de remplacer fréquemment le stock.
  • De même, les médicaments délivrés au détail peuvent être remis aux clients dans des sacs isothermes ou avec des conseils de bon sens pour éviter de les exposer à une congélation durant le transport.
  •  En théorie, certains médicaments peuvent aussi interagir avec les mécanismes de lutte contre le froid, comme les vasodilatateurs qui s’opposent à la vasoconstriction cutanée nécessaire pour limiter les pertes de chaleur, les hormones thyroïdiennes, les neuroleptiques et les sédatifs qui agissent sur la thermorégulation, etc.
  • Par analogie avec les patchs transcutanés chez l’homme, la résorption des spot-on à effet systémique pourrait aussi être diminuée par la vasoconstriction périphérique.

Dans les voitures, les médicaments sont exposés au gel avec un risque de dégradation même après décongélation. Les formes liquides sont les plus sensibles à la congélation. Mais des microcristaux peuvent aussi dégrader des formes solides. Photo : images-insolites.fr

 

Sources : Eric Vandaële – Lefil vet du 28.02.2018

Cet article a été sélectionné pour vous par la Clinique La Renardière